
Kenjutsu · Guide Débutant · Martigny
16 juin 2026 · Dojo Tanren
Vous avez entendu parler du kenjutsu — l'art du sabre japonais — et vous voulez essayer. Par où commencer ? Faut-il être sportif ? Quel équipement acheter ? Combien coûte la pratique ? Ce guide répond à toutes vos questions et vous accompagne pas à pas dans vos premiers pas sur la voie du sabre.
Qu'est-ce que le kenjutsu ?
Le kenjutsu (剣術) — littéralement « technique du sabre » — est l'art martial japonais du maniement du sabre. Contrairement au kendo qui est une pratique sportive moderne avec armure (bogu) et shinai (sabre en bambou), le kenjutsu traditionnel se pratique sans armure, avec un bokken (sabre en bois), et se concentre sur les kata — des formes codifiées qui transmettent les techniques et les principes des anciennes écoles de sabre.
Au Dojo Tanren, le kenjutsu s'enseigne principalement à travers deux écoles : le Katori Shinto Ryu, l'une des plus anciennes écoles martiales du Japon (fondée au XVe siècle), et le Muso Shinden Ryu, école d'iaido fondée par Nakayama Hakudo. Pour une présentation plus détaillée, lisez notre article Qu'est-ce que le Kenjutsu ?
Faut-il être en forme pour commencer ?
Non. Le kenjutsu n'exige pas de condition physique particulière pour débuter. La pratique travaille la posture, la respiration et la précision du geste — pas la force brute. Beaucoup de nos élèves commencent sans aucune expérience sportive préalable, parfois après 40 ou 50 ans. Ce qui compte, c'est la régularité et l'attention, pas la performance athlétique.
Cela dit, le kenjutsu développe progressivement : la force des jambes (positions basses et stables), la mobilité des épaules et des hanches, l'endurance cardiovasculaire (les enchaînements de kata), et surtout la concentration mentale. En quelques mois de pratique régulière, les progrès physiques sont nets — mais ils viennent comme une conséquence, jamais comme un objectif.
Quel équipement pour commencer le kenjutsu ?
Bonne nouvelle : vous n'avez besoin de rien pour votre premier cours. Le dojo prête les bokken et vous pouvez venir en tenue de sport confortable (survêtement, t-shirt). Voici ce que vous acquerrez progressivement :
Le premier jour : tenue de sport
Un simple survêtement ou pantalon large et un t-shirt suffisent. Pas de chaussures — on pratique pieds nus sur le tatami. Évitez les vêtements trop serrés qui limitent la mobilité des épaules et des hanches. Apportez une bouteille d'eau.
Après quelques semaines : le dogi
Le dogi (道着) est la tenue d'entraînement en coton épais, similaire à celle du judo ou du karaté. Comptez 50 à 80 CHF pour un dogi d'entrée de gamme. Il se compose d'une veste (uwagi) et d'un pantalon (zubon). Le dogi se porte avec une ceinture (obi) — blanche pour les débutants.
Après quelques mois : le hakama
Le hakama (袴) est le pantalon-jupe traditionnel porté par-dessus le dogi. Il symbolise l'entrée dans la pratique sérieuse. Au Dojo Tanren, le hakama s'obtient généralement après les premières évaluations techniques, autour du 5e ou 4e kyu. Voir notre guide complet du hakama.
Le bokken
Le dojo prête des bokken pour les débutants. Quand vous serez prêt à acheter le vôtre, un bokken en chêne blanc (shirakashi) de bonne qualité coûte entre 40 et 80 CHF. Lisez notre guide du bokken pour savoir comment choisir le vôtre.
Combien coûte la pratique du kenjutsu ?
Au Dojo Tanren, les tarifs sont conçus pour être accessibles :
- Premier cours : gratuit — venez essayer sans engagement.
- Cotisation annuelle : variable selon la formule (cours hebdomadaire, accès libre, etc.). Contactez-nous pour les tarifs précis.
- Équipement de base : 50-80 CHF (dogi) + 40-80 CHF (bokken) = 90-160 CHF au total après les premières semaines.
- Hakama : 60-120 CHF, à prévoir après quelques mois de pratique.
Comparez cela à d'autres sports : un abonnement de fitness coûte 50-100 CHF par mois, du matériel de ski 500+ CHF. Le kenjutsu est l'un des arts martiaux les plus abordables à long terme.
Comment se déroule un premier cours de kenjutsu ?
Voici à quoi vous attendre lors de votre première séance au Dojo Tanren :
- Arrivée et accueil — Arrivez 10-15 minutes avant le début du cours. On vous présentera le dojo, les règles de base et les pratiquants.
- Salut (rei) — Le cours commence par un salut collectif. On s'incline face au kamiza (autel), puis face au sensei, puis entre partenaires. Le reishiki (étiquette) est fondamental.
- Échauffement — 10-15 minutes d'étirements et d'exercices préparatoires : rotations d'épaules, assouplissements des poignets, travail des jambes en position kamae.
- Suburi (exercices de coupe) — Vous apprendrez les mouvements de base : shomen uchi (coupe verticale), kesa giri (coupe diagonale), yokoburi (coupe latérale). Le sensei corrige votre posture et votre trajectoire.
- Kata de base — Vous enchaînerez les premiers mouvements d'un kata simple, seul d'abord, puis éventuellement avec un partenaire expérimenté qui guide le mouvement.
- Retour au calme et salut final — Le cours se termine par un second salut collectif.
La durée totale est d'environ 1h30. Ne vous inquiétez pas de ne pas tout comprendre du premier coup — personne ne comprend tout du premier coup. Le kenjutsu s'apprend par la répétition et l'observation.
Les premiers pas : les kata fondamentaux
Dès les premières séances, vous aborderez les kata de base. Dans le Katori Shinto Ryu, les premiers kata enseignés sont généralement :
- Omote no Tachi — Les kata de base au sabre long, qui enseignent les distances, les angles de coupe et les déplacements fondamentaux.
- Kodachi — Les kata au sabre court, qui développent la mobilité et la lecture des ouvertures.
- Bojutsu — Les kata au bâton long, qui complètent la formation en travaillant la distance et la puissance.
Dans le Muso Shinden Ryu, les débutants commencent par les kata shoden (premier niveau) : Mae, Migi, Hidari, etc. — des formes qui enseignent le dégainage (nukitsuke), la coupe (kiri-oroshi) et le chiburi (secouer le sang).
Ne cherchez pas à apprendre par cœur. Le kata s'imprime dans le corps à force de répétition. Un sensei disait : « La première centaine de répétitions, vous apprenez le mouvement. Les mille suivantes, vous commencez à le comprendre. »
La progression : du débutant au pratiquant confirmé
Le système de grades (kyu/dan) structure la progression. Voici les grandes étapes :
- 6e-5e kyu (débutant) — Apprentissage des postures, des déplacements, des premiers kata. Acquisition du vocabulaire de base.
- 4e-3e kyu (intermédiaire) — Maîtrise des kata shoden. Introduction au travail à deux (kumitachi). Passage au hakama.
- 2e-1er kyu (avancé) — Kata chuden et okuden. Travail au iaito. Participation aux stages et démonstrations.
- 1er dan (shodan) et au-delà — Pratiquant confirmé. Approfondissement des kata avancés, initiation au tameshigiri, transmission aux débutants.
Le rythme est individuel. Certains atteignent le 1er dan en 3-4 ans de pratique régulière, d'autres prennent plus de temps. L'important n'est pas la ceinture mais la constance. Voir notre guide des grades pour plus de détails.
Kenjutsu, iaido ou kendo : lequel choisir ?
C'est la question la plus fréquente. Voici une distinction simple :
- Kenjutsu — Travail à deux avec bokken. Techniques de combat codifiées. Pas d'armure. Accent sur la distance, le timing, la lecture de l'adversaire.
- Iaido — Art du dégainage. Pratique en solo. Accent sur la précision du geste, la concentration, la maîtrise de soi. Voir notre guide du iaido débutant.
- Kendo — Escrime sportive avec armure et shinai. Compétition. Accent sur la vitesse, la puissance, le scoring.
Au Dojo Tanren, nous pratiquons le kenjutsu et l'iaido comme deux faces d'une même voie. Les deux s'enrichissent mutuellement. Notre article Iaido vs Kendo vs Kenjutsu vous aide à choisir.
Questions fréquentes des débutants
Puis-je commencer le kenjutsu à 40 ans ?
Oui, absolument. Beaucoup de nos élèves commencent après 40 ans. Le kenjutsu n'est pas un sport de compétition — c'est une pratique qui s'adapte à l'âge et aux capacités de chacun. La progression est plus lente, mais la compréhension est souvent plus profonde.
Faut-il parler japonais ?
Non. Les termes techniques s'apprennent progressivement. Le sensei donne les consignes en français. Connaître quelques mots (rei, kamae, men, kote, do) facilite la pratique mais n'est pas un prérequis.
Est-ce dangereux ?
Les risques sont très faibles. On pratique avec des bokken en bois, sans contact violent. Les blessures les plus courantes sont les ampoules aux mains et les courbatures. Le respect des consignes de sécurité et de l'étiquette réduit les risques au minimum.
Faut-il acheter un katana ?
Non. Le katana (shinken) est réservé aux pratiquants avancés (détenteurs d'un grade dan). Les débutants utilisent exclusivement le bokken. Le passage à l'iaito (sabre d'entraînement en métal non tranchant) se fait après plusieurs années de pratique.
Y a-t-il des compétitions ?
Le kenjutsu traditionnel n'est pas un sport de compétition. Il n'y a pas de tournois, pas de classement, pas de médailles. La progression est personnelle. Les seules « épreuves » sont les passages de grade, qui évaluent la maîtrise technique et la compréhension des principes.
Pourquoi commencer le kenjutsu au Dojo Tanren ?
Le Dojo Tanren à Martigny est un dojo d'arts martiaux traditionnels japonais. Pas de compétition, pas de marketing, pas de cours « fitness samouraï ». Juste la transmission d'un art martial authentique, dans le respect des écoles et des maîtres qui nous ont précédés.
Nous enseignons le Katori Shinto Ryu (kenjutsu, bojutsu, sojutsu, naginatajutsu) et le Muso Shinden Ryu (iaido). Les cours sont encadrés par des pratiquants expérimentés, dans une ambiance sérieuse mais bienveillante. Le premier cours est gratuit — venez essayer sans engagement.
Le kenjutsu ne s'apprend pas dans les livres ni sur YouTube. Il s'apprend sur le tatami, avec un bokken en main, sous le regard d'un sensei. La porte du dojo est ouverte. Il ne tient qu'à vous de franchir le seuil.
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