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Hakama et Tenue du Budō : Guide Complet
12 mai 2026 · Dojo Tanren
Le hakama (袴) n'est pas un simple vêtement. C'est le prolongement du corps du budōka — la silhouette qui transforme le geste en cérémonie, la marche en déplacement, la station en posture. Au Dojo Tanren à Martigny, la tenue traditionnelle n'est pas une option esthétique : elle est l'outil de la pratique. Chaque pli, chaque nœud, chaque tissu porte une signification précise.
Le Hakama : Histoire et Signification
Le hakama est un pantalon plissé d'origine japonaise, porté depuis l'époque Nara (710-794). À l'origine, il était le vêtement des courtisans et des samouraïs de haut rang. Les plis du hakama ne sont pas décoratifs — ils sont symboliques. Chaque hakama porte sept plis (五袴の七褶), et chacun représente une vertu du bushidō :
- Yuki (勇) — le courage
- Jin (仁) — la bienveillance
- Gi (義) — la rectitude
- Rei (礼) — le respect
- Makoto (誠) — la sincérité
- Chūgi (忠義) — la loyauté
- Meyasu (名恥) — l'honneur
Quand le budōka enfile son hakama, il revêt littéralement les sept vertus. Ce n'est pas une métaphore — c'est un acte conscient. Le salut au kamiza commence par l'ajustement du hakama. Avant de toucher le sabre, on ajuste sa tenue. L'ordre est immuable : d'abord l'esprit, puis le corps, puis l'arme.
Les Types de Hakama
Tous les hakama ne se valent pas. Selon la discipline, le tissu, la coupe et la couleur varient. Voici les principaux types que l'on rencontre dans les arts martiaux japonais :
Hakama pour l'Iaido
En iaido (Muso Shinden Ryu), le hakama est généralement en tissu léger — coton ou polyester. La couleur la plus courante est le noir ou le bleu indigo. Le hakama d'iaido se distingue par sa coupe ajustée : les plis sont fins, le tissu fluide, car le pratiquant doit pouvoir se déplacer au sol (seiza, tachiai) sans contrainte. Le mouvement de dégainage du sabre exige que le hakama ne gêne ni la position assise ni la frappe debout.
Hakama pour le Kenjutsu
En kenjutsu (Katori Shinto Ryu), le hakama est souvent plus robuste — en coton épais ou en gabardine. Les pratiquants portent traditionnellement le hakama noir ou bleu foncé. La robustesse du tissu est nécessaire car la pratique implique des déplacements rapides, des changements de direction brusques et des contacts avec le sabre du partenaire. Un hakama trop fin se déchirerait rapidement.
Hakama pour le Jodō
En jodō, le hakama suit les mêmes conventions que le kenjutsu — généralement noir ou bleu indigo, en coton. La différence réside dans le mouvement : le jodō implique des pas larges et des rotations du tronc, ce qui exige un hakama avec suffisamment d'aisance au niveau des hanches.
Le Keikogi : La Veste d'Entraînement
Le keikogi (稽古着), souvent appelé simplement « gi », est la veste portée sous le hakama. En arts martiaux japonais traditionnels comme le iaido, le kenjutsu et le jodō, le keikogi est de couleur noire, bleu indigo ou blanc. Il se ferme par des lacets (himo) sur le côté — jamais par des boutons ou des fermetures éclair, qui n'appartiennent pas à la tradition.
Le keikogi doit être ajusté sans être serré. Les manches sont courtes (contrairement au kimono de cérémonie) pour libérer les poignets et les avant-bras. C'est une nécessité pratique : en Muso Shinden Ryu, les mains guidant le tsuka (poignée du sabre) doivent être libres de tout mouvement.
L'Obi : La Ceinture du Sabre
L'obi (帯) n'est pas une ceinture de kimono — c'est le support du sabre. En iaido et en kenjutsu, l'obi est large (environ 8 à 10 cm), en coton tissé, et se noue sur le côté gauche ou droit selon la tradition de l'école. Sa fonction première est de maintenir le sabre en place dans la ceinture — pas de décorer la tenue.
La couleur de l'obi correspond à celle du keikogi : noir avec keikogi noir, bleu indigo avec keikogi bleu. La règle est simple : cohérence et sobriété. Les couleurs vives, les ceintures blanches avec keikogi noir — tout cela n'appartient pas à la tradition des arts martiaux du sabre.
Comment Mettre le Hakama : Guide Pratique
Mettre le hakama n'est pas un geste banal. C'est un rituel qui prépare le budōka à la pratique. Voici les étapes :
- 1. Enfiler le keikogi et le fermer correctement (côté gauche sur côté droit — jamais l'inverse, qui est la tenue des défunts)
- 2. Nouer l'obi fermement autour de la taille
- 3. Ouvrir le hakama, dos face à soi
- 4. Glisser les himo (lacet) avant à travers l'obi, de gauche à droite
- 5. Nouer les himo avant à l'avant de la taille
- 6. Rabattre l'arrière du hakama et nouer les himo arrière
- 7. Ajuster les sept plis — cinq devant, deux derrière
- 8. Vérifier que le hakama arrive juste au-dessus des chevilles
Le débutant met souvent cinq minutes à enfiler son hakama. Le pratiquant avancé le fait en trente secondes. La différence n'est pas la vitesse — c'est la précision. Chaque pli est à sa place. Chaque nœud est correct. Le hakama est un miroir de l'état intérieur.
Entretien du Hakama et du Keikogi
La tenue de budō exige le même soin que le sabre. Un hakama froissé, un keikogi taché, un obi distendu — ce sont des signes de négligence qui n'ont pas leur place au dojo.
- Lavage : Le hakama se lave à la main ou en machine à 30°C, dans un filet. Ne jamais utiliser de sèche-linge — le tissu se rétrécirait et les plis se déformeraient
- Pliage : Après chaque pratique, le hakama se plie selon la méthode traditionnelle — les sept plis sont reformés un par un. C'est un geste de respect envers la tenue et ce qu'elle représente
- Rangement : Le hakama plié se range dans un sac en tissu (hakamabakama) ou se pose à plat, jamais sur un cintre qui déformerait les plis
- Keikogi : Se lave après chaque pratique. L'indigo du tissu neuf peut déteindre — laver séparément les premières fois
La Tenue au Dojo Tanren
Au Dojo Tanren à Martigny, la tenue respecte la tradition de chaque discipline :
- En Iaido (Muso Shinden Ryu) — Hakama noir ou bleu indigo, keikogi noir ou blanc, obi assorti
- En Kenjutsu (Katori Shinto Ryu) — Hakama noir, keikogi noir, obi noir
- En Jodō — Hakama noir ou bleu, keikogi noir, obi assorti
Le dojo ne prête pas de matériel — chaque pratiquant acquiert sa propre tenue au fil du temps. Le débutant n'a pas besoin de posséder un hakama dès le premier cours. On commence par un simple keikogi ou des vêtements de sport confortables. Le hakama s'acquiert quand la pratique s'installe — quand le geste demande la tenue, et non l'inverse.
Où Acheter un Hakama en Suisse
Pour les pratiquants du Valais et de Suisse romande, plusieurs options existent :
- Boutiques spécialisées en ligne : Tozando, Nine Circles, Kendo Shop — livraison en Suisse, qualité certifiée
- Fournisseurs locaux : Certaines fédérations d'arts martiaux proposent des commandes groupées avec tarifs préférentiels
- Au dojo : Le Dojo Tanren peut conseiller les débutants sur les marques et les tailles adaptées
Un hakama de qualité pour la pratique de l'iaido ou du kenjutsu coûte entre 80 et 200 francs suisses. Inutile d'investir dans le plus cher dès le départ — un hakama en coton correct fait l'affaire. Ce qui compte, c'est la coupe et le tissu, pas la marque.
L'Étiquette de la Tenue
La tenue de budō obéit à des règles précises — pas des caprices, mais des marqueurs de respect :
- Côté gauche sur côté droit : Le keikogi se ferme toujours avec le côté gauche par-dessus le côté droit. L'inverse est réservé aux défunts dans la tradition japonaise
- Hakama et obi ne se retirent jamais au sol : On se déplace vers le vestiaire ou on se tourne dos au kamiza pour ajuster sa tenue
- Pas de bijoux : Montres, bagues, colliers sont retirés avant la pratique — pour la sécurité et par respect
- Pieds nus ou tabi : Dans le dojo, on est pieds nus. Les tabi (chaussettes traditionnelles) sont acceptés pour des raisons médicales
Résumé : La Tenue du Budō
- 袴 Hakama — Pantalon plissé, 7 plis = 7 vertus, noir ou bleu indigo
- 稽古着 Keikogi — Veste d'entraînement, noir/blanc/indigo, fermeture lacets
- 帯 Obi — Ceinture support du sabre, large, coton tissé
- Entretien — Lavage doux, pliage traditionnel, rangement plat
- Étiquette — Côté gauche sur droit, pas de bijoux, ajuster dos au kamiza
Commencez Votre Pratique au Dojo Tanren
La tenue est le premier geste de la pratique. Avant de tenir le sabre, on revêt le hakama. Avant de frapper, on ajuste le keikogi. Le vêtement n'est pas un accessoire — il est la frontière entre le quotidien et le dojo, entre le monde et la voie.
Venez découvrir la pratique traditionnelle au Dojo Tanren. Un cours d'essai gratuit vous est offert. Contactez-nous pour réserver votre place. Pas besoin de hakama pour commencer — venez comme vous êtes.