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Pratique du sabre japonais au Dojo Tanren à Martigny — stage de Katori Shintō Ryū avec bokken

Sabre japonais · Tameshigiri · Kenjutsu

Tameshigiri : L'Art de la Coupe au Sabre Japonais

9 mai 2026 · Dojo Tanren

Le tameshigiri (試し切り) est l'art de la coupe au sabre japonais. Littéralement « coupe d'épreuve », il s'agit de la pratique qui consiste à couper des cibles avec un shinken — un katana véritable — pour éprouver la qualité de la lame et, surtout, la justesse du coup. Au Dojo Tanren à Martigny, le tameshigiri est un moment rare et exigeant, accessible aux pratiquants confirmés lors de stages périodiques.

Qu'est-ce que le Tameshigiri ?

Le mot tameshigiri se décompose en deux kanji : (tameshi), qui signifie « épreuve » ou « test », et 切り (giri), « coupe ». Il ne s'agit donc pas de couper pour couper — chaque coupe est un test. Un test de la lame, bien sûr, mais surtout un test du pratiquant : sa posture, son angle, sa coordination, son compréhension du sabre.

Contrairement aux kata de kenjutsu ou d'iaido, où le partenaire est imaginaire ou en bois, le tameshigiri confronte le sabre à la réalité de la matière. La cible ne ment pas : une coupe mal alignée ne passera pas, un angle trop plat glissera, une hesitation laissera la lame en travers.

Les Origines du Tameshigiri

Le tameshigiri trouve ses racines dans le Japon médiéval. Sous la période Edo (1603–1868), la paix relative a transformé la fonction du samouraï : de guerrier, il devient fonctionnaire. Le sabre reste son insigne de rang, mais il coupe rarement en combat. Pour maintenir la qualité des lames et la compétence des porteurs, les forgerons et les écoles de bujutsu développent des protocoles de coupe sur des corps de condamnés ou des bottes de paille.

Les forgerons utilisaient le tameshigiri pour certifier leurs lames : un katana qui coupait proprement à travers plusieurs tatami était garanti comme apte au combat. Ces certifications (surigiri) étaient gravées sur le nakago — la soie de la lame — et augmentaient considérablement la valeur de l'arme. Aujourd'hui encore, les lames anciennes portant des inscriptions de tameshigiri sont particulièrement recherchées par les collectionneurs.

Les Cibles Traditionnelles du Tameshigiri

Le tameshigiri moderne utilise des cibles qui simulent la résistance du corps humain, sans la morbidité des origines :

Tatami Omote — La Cible Standard

Le tatami omote (畳表) est la cible la plus courante. Il s'agit de nattes de paille de riz, roulées fermement et humidifiées pour simuler la densité et la résistance des tissus humains. Un tatami omote roulé et trempé représente environ le même niveau de résistance qu'un membre humain — raison pour laquelle cette cible est privilégiée dans les dojos modernes.

Bambou — La Cible Ancienne

Le bambou vert (take) était la cible historique préférée. Sa structure fibreuse et ses nœuds simulent la résistance des os et des articulations. Couper du bambou proprement demande une précision absolue — le sabre doit suivre exactement le plan de coupe, sans déviation. Une erreur et la lame rebondit ou se coince.

Nattan — La Paille Tressée

Le nattan (ou wara) est de la paille de riz tressée en nattes épaisses, souvent utilisée comme alternative au tatami omote. Moins dense mais plus longue à préparer, elle reste une cible traditionnelle dans certaines écoles.

Les Techniques de Coupe

Le tameshigiri ne se limite pas à « couper droit ». Il existe plusieurs coupes codifiées, chacune testant un aspect différent de la maîtrise du sabre.

Les Coupes Fondamentales

  • Kesa-giri (袈裟切り) — Coupe diagonale descendante, de l'épaule à la hanche opposée. La coupe la plus naturelle, qui suit la ligne des côtes. Son nom vient de la robe bouddhiste (kesa) portée en diagonal.
  • Yokomen (横面) — Coupe horizontale au niveau du cou ou de la taille. Demande un excellent alignement des hanches et des épaules.
  • Makko (真向) — Coupe verticale descendante, du sommet du crâne vers le bas. La coupe la plus exigeante techniquement — il faut que toute la puissance du corps converge dans un plan vertical parfait.
  • Kiri-age (切り上げ) — Coupe ascendante, de bas en haut. Rarement pratiquée seule, elle fait partie des enchaînements avancés.
  • Gyaku-kesa (逆袈裟) — Coupe diagonale ascendante, inverse du kesa-giri.

Les Coupes Avancées

Les pratiquants expérimentés enchaînent des coupes multiples sur la même cible :

Chaque coupe est évaluée non seulement sur le résultat — est-ce que la cible a été coupée ? — mais sur le processus : la posture (shisei), le pied gauche qui ne quitte pas le sol, le te-no-uchi (serrage de la poignée), le positionnement du sabre, et le zanshin — la garde maintenue après la coupe.

Sécurité et Éthique du Tameshigiri

Le tameshigiri est l'exercice le plus dangereux de la pratique du sabre japonais. Un shinken est une arme véritable — tranchante, capable de couper un bras. Au Dojo Tanren, la sécurité est absolue et non négociable.

Règles de Sécurité

  • Accès restreint. Le tameshigiri est réservé aux pratiquants ayant au minimum le grade de ceinture noire (shodan) et une expérience solide en iaido ou kenjutsu. Personne ne commence par le tameshigiri.
  • Supervision. Un instructeur qualifié est toujours présent. Giulio Casarini, 4 Dan Iaido et 2 Dan Katori Shintō Ryū, dirige chaque session de tameshigiri au Dojo Tanren.
  • Zone de sécurité. Personne ne se trouve dans le périmètre de coupe sauf le pratiquant et l'instructeur. Le public observe à distance.
  • Inspection de la lame. Avant chaque session, chaque shinken est inspecté pour déceler la moindre fissure ou imperfection. Une lame endommagée ne coupe pas — elle se brise.
  • Pas de matériel personnel pour les débutants. Le dojo ne prête pas de matériel. Les pratiquants confirmés apportent leur propre shinken entretenu, les autres utilisent l'équipement fourni sous supervision stricte.

L'Éthique du Tameshigiri

Le tameshigiri n'est pas un spectacle. Il n'y a pas de compétition, pas de tableau de scores, pas de publicité sur les réseaux sociaux montrant des coupes spectaculaires. Chaque coupe est un acte de vérification — de soi, de sa lame, de sa compréhension. Le bushidō enseigne que le sabre coupe pour protéger, pas pour montrer.

Avant chaque session de tameshigiri, le reishiki — le rituel de salut — est observé avec la même rigueur que pour un cours ordinaire. Le respect ne s'arrête pas parce qu'on tient un sabre véritable. Il s'intensifie.

Le Tameshigiri au Dojo Tanren

Au Dojo Tanren à Martigny, le tameshigiri est proposé lors de stages périodiques, sous la direction de Giulio Casarini. Ces stages combinent :

Ces stages sont ouverts aux pratiquants de toutes écoles disposant du grade requis. Les débutants ne participent pas au tameshigiri — ils commencent par le bokken, puis l'iaito, et n'approchent le shinken qu'après des années de pratique.

Shinken, Iaito, Bokken — Quel Sabre pour Quelle Pratique ?

Le cheminement vers le tameshigiri passe par trois étapes :

Vivre le Tameshigiri au Dojo Tanren

Le tameshigiri n'est pas un aboutissement — c'est un point de vérification sur le chemin. Au Dojo Tanren, la pratique du sabre suit une progression logique : on commence par une seule discipline, on construit les fondations, et lorsque le corps et l'esprit sont prêts, le tameshigiri vient confirmer ce que les kata et l'iaido ont enseigné.

Cours d'essai gratuit. Contactez-nous pour réserver votre place au dojo — Rue des Epineys 17, 1920 Martigny. Le sabre attend. La voie est ouverte.

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