
Sabre japonais · Valais
26 mai 2026 · Dojo Tanren
Quand on parle d'escrime japonaise, on pense souvent au kendo — ces combats en armure où les pratiquants s'affrontent avec des sabres de bambou. Mais l'escrime japonaise va bien au-delà. Elle englobe le kenjutsu (technique du sabre), le iaido (art du dégainage) et le kendo (voie du sabre). Trois disciplines, un seul fil rouge : le katana, l'âme du guerrier japonais.
Au Dojo Tanren à Martigny, nous enseignons l'escrime japonaise dans sa forme traditionnelle — kenjutsu et iaido — selon les écoles Katori Shinto Ryu et Muso Shinden Ryu. Ce guide vous éclaire sur ces voies du sabre et vous montre comment les pratiquer dans le Valais.
Qu'est-ce que l'escrime japonaise ?
Le terme « escrime japonaise » est une traduction occidentale qui regroupe plusieurs disciplines martiales centrées sur le sabre. Contrairement à l'escrime occidentale — fleuret, épée, sabre — l'escrime japonaise ne se limite pas à un sport de competition. C'est un budo — une voie martiale qui forge le corps et l'esprit en même temps que la technique.
L'escrime japonaise se divise en trois grandes familles :
- Kenjutsu — La technique du sabre. L'art de manier le katana en combat, enseigné sous forme de katas (enchaînements codifiés) à deux partenaires. C'est la forme originelle, celle des samouraïs sur les champs de bataille.
- Iaido — L'art du dégainage. Le pratiquant seul dégaine, coupe et rengaine le sabre en un flux continu. Méditation en mouvement, le iaido développe la concentration, la précision et la présence.
- Kendo — La voie du sabre moderne. Sport de competition avec armure (bogu) et sabre de bambou (shinai). Le kendo est la version sportive la plus répandue, mais il n'est qu'une facette de l'escrime japonaise.
Kenjutsu : le cœur de l'escrime japonaise
Le kenjutsu est la racine de toute l'escrime japonaise. C'est l'art de manipuler le katana véritable — ou sa réplique en bois (bokken) — dans des situations de combat. Les katas de kenjutsu se pratiquent à deux : un attaquant (uchidachi) et un défenseur (shidachi), chacun jouant un rôle précis dans un scénario codifié.
Au Dojo Tanren, le kenjutsu est enseigné selon le Katori Shinto Ryu — l'une des plus anciennes écoles d'arts martiaux du Japon, fondée en 1447. Cette école préserva intacte sa transmission pendant près de six siècles. Ses katas sont d'une exigence absolue : chaque angle, chaque distance, chaque timing est codifié avec une précision millimétrique.
La pratique du kenjutsu développe :
- La distance (maai) — Savoir quand on est à portée de coupe et quand on ne l'est pas. Cette conscience spatiale est le fondement de toute escrime japonaise.
- Le timing — Frapper au moment juste, ni trop tôt ni trop tard. Le kenjutsu enseigne à sentir le rythme de l'adversaire.
- La décision — Le sabre ne pardonne pas l'hésitation. Chaque coupe est un engagement total, physique et mental.
- Le respect — Le kenjutsu se pratique avec un partenaire, pas un adversaire. L'escrime japonaise est un dialogue, pas un affrontement.
Iaido : l'invisible escrime japonaise
Si le kenjutsu est la face visible de l'escrime japonaise — deux sabres qui s'affrontent — le iaido est sa face invisible. Le pratiquant est seul, face à un adversaire imaginaire. Le sabre reste dans son fourreau jusqu'au dernier instant. L'attaque survient sans préavis. Dégainer, couper, secouer le sang, rengainer — tout en un seul mouvement fluide.
Le iaido pratiqué au Dojo Tanren suit le Muso Shinden Ryu, fondé par Nakayama Hakudo au XXe siècle. Cette école est l'une des plus pratiquées au monde. Ses katas allient puissance et élégance — chaque geste doit être à la fois martial et esthétique, car dans l'escrime japonaise, la beauté du geste est indissociable de son efficacité.
Le iaido est souvent le premier contact avec l'escrime japonaise pour les débutants. Il ne nécessite pas de partenaire, ce qui permet de progresser à son rythme. Mais ne vous y trompez pas : la simplicité apparente du iaido cache une profondeur inépuisable. Chaque kata révèle de nouvelles couches de compréhension, même après des décennies de pratique.
Kenjutsu vs Iaido vs Kendo : quelle différence ?
Ces trois disciplines partagent le même ancêtre — le sabre — mais elles l'abordent sous des angles très différents :
- Kenjutsu est la technique. On apprend à manier le sabre en situation de combat réel, avec un partenaire. C'est l'escrime japonaise à l'état brut.
- Iaido est l'art. On perfectionne le geste seul, dans un dialogue intérieur avec le sabre. C'est l'escrime japonaise comme méditation.
- Kendo est le sport. On compétition avec armure et shinai, avec des règles et des arbitres. C'est l'escrime japonaise comme competition.
Au Dojo Tanren, nous avons choisi le kenjutsu et le iaido — la tradition plutôt que la competition. Non par snobisme, mais parce que nous croyons que l'escrime japonaise perd quelque chose d'essentiel quand elle se réduit à marquer des points. Le kenjutsu enseigne la vie ; le kendo enseigne à gagner.
L'escrime japonaise dans le Valais
Le Valais accueille une communauté grandissante de pratiquants d'escrime japonaise. Au Dojo Tanren à Martigny, les cours de kenjutsu (Katori Shinto Ryu) et de iaido (Muso Shinden Ryu) sont ouverts aux débutants comme aux pratiquants avancés.
Les stages réguliers permettent d'approfondir la pratique sous la direction d'instructors invités — comme Johann Stauffer, qui anime un stage de Katori Shinto Ryu chaque année au Châble. Ces moments intensifs sont l'essence même de l'escrime japonaise : la transmission directe, de maître à élève.
Pratiquer l'escrime japonaise dans le Valais, c'est aussi s'inscrire dans un cadre exceptionnel. Martigny, au carrefour des vallées alpines, offre un écrin naturel qui résonne avec la tradition japonaise — ces montagnes qui rappellent les dojos nichés dans les monts du Yamato.
Commencer l'escrime japonaise : ce qu'il faut savoir
Vous n'avez besoin de rien pour commencer. Pas de sabre, pas de tenue, pas d'expérience. Le dojo prête le matériel aux débutants. L'escrime japonaise se pratique pieds nus, en keikogi (veste) et hakama (pantalon plissé). Le bokken (sabre en bois) est l'outil d'apprentissage principal.
Ce qui surprend les débutants, c'est le rituel. L'escrime japonaise commence et finit par le salut — le reishiki. Ce n'est pas de la cérémonie vide : c'est la fondation de la pratique. Le salut installe le respect, la présence et l'intention qui transforment un simple exercice physique en budo.
L'escrime japonaise ne se maîtrise pas en un an, ni en dix. C'est une pratique de toute une vie — shugyo, la discipline austère. Mais les bienfaits arrivent dès les premières semaines : meilleure posture, concentration accrue, sérénité. Le corps se redresse, l'esprit s'apaise. Et un jour, sans s'en rendre compte, on ne fait plus de l'escrime japonaise — on est l'escrime japonaise.
Le Dojo Tanren propose un cours d'essai gratuit pour découvrir l'escrime japonaise à Martigny. Venez avec votre curiosité — le sabre fera le reste.