Lausanne concentre l'offre d'arts martiaux la plus dense de Suisse romande : judo, karaté, aikido, kendo, kung-fu, taekwondo. Le kenjutsu traditionnel, lui, n'y est pas enseigné dans sa forme koryu. Les pratiquants lémaniques qui cherchent cette discipline précise se tournent vers Martigny, où le Dojo Tanren transmet le Katori Shintō Ryū.
Le kenjutsu — 剣術, « l'art du sabre » — désigne l'ensemble des techniques de combat au sabre développées par les écoles martiales japonaises avant l'ère Meiji. Contrairement au kendo, qui est un sport moderne né à la fin du XIXe siècle, le kenjutsu appartient aux koryu : les écoles classiques, transmises de maître à élève depuis des siècles, avec leurs kata, leurs armes propres et leur pédagogie.
Concrètement, une séance de kenjutsu se déroule à deux. On travaille avec des bokken — des sabres de bois qui reproduisent le poids et l'équilibre d'une lame — sur des formes codifiées : attaque, réponse, distance, timing. Il n'y a pas de compétition, pas de points, pas de classement. Ce qui compte, c'est la justesse du geste et la compréhension de ce que la forme transmet.
Cette absence de compétition déroute parfois les pratiquants venus d'autres disciplines. Elle est aussi ce qui séduit : le kenjutsu demande une concentration totale, une attention à l'autre, et une patience qui ne se mesure pas en ceintures.
Le Tenshin Shōden Katori Shintō Ryū a été fondé au XVe siècle par Iizasa Chōisai Ienao, dans la province de Shimōsa. Il est considéré comme l'une des plus anciennes écoles martiales japonaises encore en activité, et il a été classé bien culturel immatériel par le gouvernement japonais.
Ce qui distingue le Katori Shintō Ryū des autres écoles, c'est l'ampleur de son programme : le sabre (kenjutsu), le bâton long (bōjutsu), la naginata (naginatajutsu) et le travail à deux armes. Le tout s'inscrit dans une transmission complète, avec un enseignement qui va bien au-delà de la technique : rituels, étiquette, rapport à l'arme, conception de la pratique comme voie.
Le Dojo Tanren est le shibu officiel de l'école pour la Suisse. Ce n'est pas un club qui « s'inspire » du Katori : c'est un dojo affilié, avec un enseignant formé dans la lignée et un programme de progression qui suit celui de l'école.
Martigny est à 1h05 de Lausanne par l'A9. C'est un trajet direct — l'autoroute longe le Léman jusqu'à Montreux, puis remonte le Rhône jusqu'à Martigny. Aucune correspondance, aucun détour.
La ligne CFF Lausanne–Brigue dessert Martigny, avec un changement possible à Visp selon la circulation. Comptez environ 1h15 à 1h30 porte à porte. Le dojo se rejoint ensuite à pied depuis la gare.
Nous ne prétendons pas que ce trajet soit anodin. Mais les pratiquants venus de Lausanne, Vevey ou Montreux disent tous la même chose : ils ont cherché le kenjutsu à proximité, ne l'ont pas trouvé dans sa forme traditionnelle, et ont préféré le déplacement à un compromis sur la discipline.
Chaque kata du Katori Shintō Ryū a un nom, une origine et une intention. L'enseignant explique la logique martiale derrière chaque mouvement : pourquoi cette distance, pourquoi ce déplacement, pourquoi cette coupe. On n'apprend pas une suite de gestes — on apprend un système.
Le kenjutsu se pratique à deux, avec un partenaire. C'est là que se joue l'essentiel : sentir la distance (ma-ai), lire l'intention de l'autre, ajuster son propre geste en fonction. C'est ce qui manque à l'iaido solo et à la compétition de kendo — et c'est ce que vient chercher la plupart des pratiquants lémaniques.
La transmission passe par le corps. La correction posturale, le timing du dégainement ou de la frappe, la précision du pied : tout cela se corrige en présentiel, avec un regard extérieur. C'est le cœur du kenjutsu — et c'est ce qui justifie qu'on fasse le trajet depuis Lausanne plutôt que de suivre des vidéos.
Les pratiquants commencent par les fondamentaux et progressent selon le programme de l'école : kihon, puis les premières formes de sabre, puis le bō, puis la naginata. Chacun à son rythme, mais avec une direction claire.
Le premier cours d'essai est gratuit et sans engagement. Il dure environ une heure et demie : présentation du dojo, étiquette, prise en main du bokken, premières postures et premiers déplacements. Aucune expérience, aucun équipement, aucune condition physique particulière n'est requise. Venez en vêtement souple et pieds nus.
Si vous venez de Lausanne ou du Léman, prévenez-nous par le formulaire de contact : nous vous indiquons le créneau le plus adapté et nous préparons un bokken d'essai à l'avance.
Infos pratiques
Le Dojo Tanren enseigne le kenjutsu Katori Shintō Ryū à Martigny, en Valais, à environ 1h05 de Lausanne par l'autoroute A9. C'est l'un des rares lieux de Suisse romande où cette école — la plus ancienne tradition martiale japonaise encore vivante — est transmise dans sa forme complète : sabre, bō, naginata.
Le kendo est un sport de combat moderne, avec armure (bōgu) et shinai de bambou, pratiqué en compétition. Le kenjutsu est l'art martial ancestral, transmis par les écoles classiques (koryu), centré sur les kata à deux avec bokken ou sabre réel non tranchant. Il n'y a pas de compétition : il y a une transmission. Beaucoup de pratiquants font les deux, mais ce sont deux logiques différentes.
Non. Le kenjutsu Katori Shintō Ryū commence par les fondamentaux : tenue du sabre, postures (kamae), déplacements (ashi sabaki), coupes de base. Aucun prérequis physique ou technique n'est demandé. Les débutants sont acceptés à tout âge à partir de l'adolescence, sans limite supérieure.
Oui. Le Tenshin Shōden Katori Shintō Ryū a été fondé au XVe siècle par Iizasa Chōisai Ienao et est classé bien culturel immatériel au Japon. C'est l'une des plus anciennes écoles martiales japonaises encore en activité, et la seule dont la transmission couvre le sabre, le bō, la naginata et le travail à deux.
Environ 1h05 en voiture depuis le centre de Lausanne par l'A9, et environ 1h15 en train avec un changement à Visp ou un direct selon l'horaire CFF. Depuis Montreux, comptez 45 minutes ; depuis Vevey, 55 minutes. Le dojo est ensuite accessible depuis la gare de Martigny.
Aucun achat n'est nécessaire. Le Dojo Tanren fournit un bokken (sabre de bois) et un bō d'essai pour les premières séances. Le hakama et le keikogi personnel interviennent plus tard, quand la pratique devient régulière. L'enseignant conseille sur l'achat pour éviter les erreurs coûteuses.
Autres régions
Les cours se tiennent à Martigny, en Valais central. Les pratiquants viennent de toute la Suisse romande : certains font le déplacement depuis Genève, Lausanne, Montreux, Sion ou Fribourg.
Kenjutsu · Fondamentaux
Premiers cours, matériel, kata de base — le guide du débutant en sabre japonais.
Katori · École
La plus ancienne école vivante du Japon : histoire, programme, transmission.
Comparatif
École classique ou escrime moderne — ce qui les distingue réellement.