Arts Martiaux · Katori
8 août 2026 · Dojo Tanren
Vous rêvez de prendre le sabre en main, mais vous hésitez entre le Katori Shintō Ryū et le kenjutsu moderne. Deux voies, un même objet : le katana. Pourtant, l'expérience, la pédagogie et la finalité diffèrent profondément. Au Dojo Tanren, nous pratiquons les deux. Voici un guide clair pour choisir selon votre tempérament, votre temps et vos objectifs.
Qu'est-ce que le kenjutsu moderne ?
Le kenjutsu, littéralement « technique du sabre », désigne aujourd'hui un ensemble de pratiques centrées sur le maniement du katana et du bokken. Dans sa forme contemporaine — parfois appelée kenjutsu moderne ou kenjutsu sportif — il privilégie la maîtrise du sabre à travers des exercices répétitifs, des partenaires variables et une progression rapide des bases.
Le kenjutsu moderne s'inspire souvent du kendo, du battōjutsu et des écoles classiques, sans être attaché à un ryū unique. Il est accessible, structuré et adaptable. Les débutants y trouvent une montée en compétence rapide : postures, coupes, esquives, travail à deux. L'accent est mis sur le mouvement correct, la coordination et la condition physique.
Cette voie convient particulièrement à ceux qui cherchent une activité martiale dynamique, un apprentissage progressif et une communauté de pratiquants divers. Elle constitue aussi une excellente porte d'entrée vers les arts du sabre japonais, notamment avant de s'engager dans une école classique.
Qu'est-ce que le Katori Shintō Ryū ?
Le Katori Shintō Ryū n'est pas une pratique : c'est une école. Fondée en 1447 par Iizasa Chōi-sai Ienao, c'est la plus ancienne école martiale du Japon encore transmise. Elle est classée Intangible Cultural Property par le gouvernement japonais. Ce statut ne concerne pas seulement un style de combat, mais un système de transmission intégral.
Contrairement au kenjutsu moderne, le Katori Shintō Ryū ne se limite pas au sabre. Il comprend six disciplines : kenjutsu (sabre), iaijutsu (dégainement), bōjutsu (bâton long), naginatajutsu (hallebarde), sōjutsu (lance) et shurikenjutsu (lames de jet). Chaque arme forge une facette du pratiquant. C'est un koryū : une école ancienne avec un lignage, un rituel, une éthique et des kata fixes.
Pratiquer le Katori Shintō Ryū, c'est entrer dans une relation de disciple à école. La progression est lente, exigeante et profonde. On ne choisit pas le Katori pour faire du sport : on s'y engage pour comprendre un système martial complet transmis depuis six siècles.
Les différences clés entre les deux voies
Finalité et philosophie
Le kenjutsu moderne vise l'efficacité technique, la fluidité du mouvement et le développement personnel par la pratique martiale. Il est ouvert, évolutif et s'adapte aux besoins contemporains. Le Katori Shintō Ryū vise la préservation et la compréhension d'un héritage. Chaque geste porte un sens historique, stratégique et spirituel.
Dans le kenjutsu moderne, on apprend à bien manier le sabre. Dans le Katori Shintō Ryū, on apprend à penser comme un bushi — un guerrier classique — à travers un système codifié de A à Z.
Progression et exigences
Le kenjutsu moderne permet une montée en puissance rapide. En quelques mois, un débutant peut assimiler les bases de la saisie, des coupes et du déplacement. Les partenaires changent, les exercices varient, et la progression se mesure à la régularité.
Le Katori Shintō Ryū demande patience et fidélité. Les premiers mois consacrent l'étiquette, la posture, la saisie du bokken et les séquences les plus fondamentales. On progresse par répétition millimétrée, corrections précises et transmission orale. Les grades suivent le système traditionnel du ryū, et les stages avec les instructeurs du Shibu suisse ou du Honbu sont des étapes essentielles.
Armes et champ de pratique
Le kenjutsu moderne se concentre principalement sur le sabre, parfois sur le bokken et l'iaito. Le Katori Shintō Ryū multiplie les armes pour donner une vision complète du combat. Le bōjutsu du Katori diffère du Jodō pratiqué au Dojo Tanren : le bâton de six pieds du Katori impose une autre distance, une autre rotation, une autre logique. L'iaijutsu du Katori n'est pas non plus l'Iaido moderne : c'est un dégainement de combat, sans esthétique superflue.
Cette diversité d'armes fait du Katori une école pour ceux qui veulent explorer le système martial dans sa totalité, et non seulement le sabre.
Communauté et transmission
Le kenjutsu moderne s'ancre dans une pratique de groupe régulière, conviviale et inclusive. Les débutants sont les bienvenus à chaque cours, et l'ambiance reste souvent souple. Le Katori Shintō Ryū s'organise autour d'une filiation : le Dojo Tanren est affilié au Shibu suisse Katori Shintō Ryū, lui-même relié au Honbu au Japon. La transmission passe par des stages, des rencontres avec les enseignants seniors et un respect strict des formes.
Comment choisir entre Katori et kenjutsu moderne ?
Le choix dépend de ce que vous cherchez dans la pratique du sabre. Voici quelques questions pour vous aider.
Vous voulez bouger, progresser vite et découvrir le sabre ? Le kenjutsu moderne est probablement le meilleur point de départ. Il vous donnera les bases techniques, la confiance et la condition physique nécessaires. Vous pourrez toujours passer au Katori plus tard.
Vous êtes attiré par l'histoire, le rituel et la profondeur ? Le Katori Shintō Ryū vous offrira une voie exigeante mais infiniment riche. C'est une pratique de long terme, voire de vie.
Vous cherchez un équilibre entre corps et esprit ? Les deux voies y contribuent, mais à des degrés différents. Le kenjutsu moderne met l'accent sur l'action concrète. Le Katori intègre la méditation, l'étiquette et l'intention dans chaque kata.
Vous débutez sans expérience ? Au Dojo Tanren, nous recommandons souvent de commencer par le cours d'essai gratuit et de tester plusieurs disciplines. Toucher au bokken, au jō et à l'iaito aide à sentir quelle voie fait vibrer.
Peut-on pratiquer les deux ?
Oui, et c'est même encouragé. De nombreux pratiquants du Dojo Tanren viennent au kenjutsu pour la dynamique et au Katori pour la profondeur. Les deux se nourrissent mutuellement : le kenjutsu moderne améliore la fluidité et le courage au contact, tandis que le Katori affine la distance, la posture et l'intention.
Cette complémentarité est une force du Dojo Tanren. Plutôt que de créer une fausse opposition, nous proposons un éventail cohérent. L'Iaido apporte la précision du dégainement solo. Le Jodō enseigne la distance avec le bâton. Le kenjutsu développe le combat à deux. Le Katori Shintō Ryū relie le tout dans une tradition structurée.
Ce que propose le Dojo Tanren à Martigny
Situé à Martigny dans le Valais, le Dojo Tanren propose des cours réguliers de Katori Shintō Ryū, de kenjutsu, d'iaido et de jodo. Les cours sont encadrés par des instructeurs formés dans leurs disciplines respectives. Pour le Katori, la direction du dojo est assurée par Giulio Casarini, fondateur et responsable du Dojo Tanren.
Les stages avec des enseignants invités viennent enrichir la pratique tout au long de l'année. Certains concernent spécifiquement le Katori Shintō Ryū, d'autres le kenjutsu ou l'iaido. Les événements passés et à venir sont annoncés sur le site.
Que vous choisissiez le Katori Shintō Ryū, le kenjutsu moderne, ou les deux, le premier pas reste le même : venir essayer. Le cours d'essai est gratuit. Pas de matériel requis, pas d'inscription préalable. Une tenue de sport, la curiosité et le respect suffisent.
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