Katori
Dojo Tanren
Dojo
Stage de « Chemin » – Dojo. Partie 1.
17 juillet 2025 · Dojo Tanren
J’ouvre la porte du dojo et, bien que je connaisse le lieu, je ne peux m’empêcher d’être touché par la beauté simple qui s’en émane. En face de moi, le kamiza est une immense dalle de verre ouverte sur la vallée. Au centre, une calligraphie, Dō, et un bouquet de tulipes. Monochromie, polychromie. Mes pieds s’avancent sur le parquet patiné par les ans, contact doux, presque soyeux, malgré les multiples irrégularités. Le regard porté au loin, je descends en seiza. Au-delà de la vitre, les fûts des mélèzes structurent l’espace, piliers naturels qui font se rencontrer la terre et le ciel. Et entre eux, un entrelac de branches, baigné de soleil. Soudain, dans un bruissement bleuté, un geai s’envole. J’admire le ballet des branches et du vent. Plus massives, plus fines, toutes dansent au rythme de l’univers, chacune à sa manière, mais ensemble. Dans le clair-obscur de ce premier jour de mars, au cœur du dojo, je m’émerveille et m’interroge sur la main de l’artisan qui a su façonner et donner tant d’élégance à un simple cône de mélèze. Sho Shin.
– Sébastien Blanc.
Cette première journée au dojo pose les fondations de tout le stage « Chemin ». Le dojo n'est pas un simple lieu d'entraînement — c'est un espace sacré où se rencontrent la tradition et la pratique vivante. Dans le bushido, le lieu d'entraînement est considéré comme un prolongement de soi : on y entre avec respect, on y laisse ses soucis à la porte, on s'ouvre à l'apprentissage.
Le kamiza, cette dalle de verre ouverte sur la vallée, n'est pas un hasard. Dans l'architecture traditionnelle des dojos, le kamiza (上座) — littéralement « siège supérieur » — est l'endroit où réside l'esprit du dojo. Ici, il donne sur la nature, rappelant que l'art martial n'est pas séparé du monde mais en dialogue constant avec lui. La calligraphie Dō (道), la voie, et les tulipes — monochromie et polychromie — évoquent l'équilibre entre simplicité et richesse qui caractérise la pratique du Musō Shinden Ryu.
Pour ceux qui n'ont jamais mis les pieds dans un dojo, cette immersion peut sembler intimidante. Mais c'est précisément cette atmosphère — à la fois solennelle et accueillante — qui permet au pratiquant de se dépasser. Le ma-ai, la distance juste, s'apprend aussi dans la relation au lieu lui-même.
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