Le 13 juin 2026, la salle de gym de l'école des Villettes au Châble accueillait un stage de Musō Shinden Ryū animé par Cédric Russo, enseignant du Meiki-Kai Dojo de Lausanne. De 9 heures à 13 heures, les participants ont exploré les dimensions complémentaires de l'iaido et du kenjutsu — des kata shoden et okuden à la physiologie du mouvement, en passant par le shisei (posture) et l'ancrage.
Une matinée dense, exigeante, et profondément enrichissante.
📌 Ce stage a eu lieu le 13 juin 2026. Voir les prochains stages →
Cédric Russo — Un Parcours d'Exception
Cédric Russo n'est pas un inconnu dans le paysage des arts martiaux japonais en Suisse. Il commence l'aïkido en 1985 au Budokan de Lausanne, puis rejoint le Reighikan Dojo de Christine Venard en 1992. En 1995, il entame la pratique du Iaido Musō Shinden Ryū sous la direction de Malcolm T. Shewan et Pascal Krieger — une filiation qui relie directement son enseignement à la source de la transmission en Suisse.
En 2014, il ouvre son propre dojo, le Meiki-Kai Dojo à Lausanne, où il enseigne l'aïkido, l'iaido et le kenjutsu. Son parcours l'a mené au Japon, à Iwama, sous la direction de Morihiro Saito Sensei, et il a croisé le chemin de figures majeures comme Nobuyoshi Tamura Sensei, Yoshimitsu Yamada Sensei et René Van Droogenbroeck.
Invitée par le Dojo Tanren pour ce stage, Cédric Russo a apporté un regard à la fois technique et sensible sur la pratique — celui d'un homme qui pratique depuis quarante ans et dont la pédagogie est ancrée dans l'expérience du corps.
Le Programme de la Matinée
La demi-journée était structurée en quatre axes, chacun abordant une dimension essentielle de la pratique du sabre.
Iaido — Kata Shoden et Okuden
La matinée a débuté par le travail des kata de la Musō Shinden Ryū, l'école d'iaido fondée par Nakayama Hakudo. Les participants ont enchaîné les séquences du shoden (premier niveau) et de l'okuden (niveau avancé), sous le regard attentif de Cédric Russo.
Chaque kata a été décomposé, analysé, répété. Le travail portait sur la fluidité du dégainage (nukitsuke), la précision de la coupe (kiri-oroshi), et la conscience du retour de la lame (chiburi et noto). L'accent n'était pas sur la performance, mais sur la justesse — trouver le mouvement qui ne force pas, qui ne triche pas.
Shisei — La Posture Juste
Un des thèmes centraux du stage était le shisei (姿勢), la posture. Pas la posture figée d'une photo, mais la posture vivante, celle qui permet au mouvement de naître sans tension inutile. Cédric Russo a insisté sur l'alignement de la colonne, l'ouverture des épaules, la position du bassin. Des ajustements subtils qui transforment radicalement la coupe. En iaido, la posture n'est pas un prérequis — elle est la pratique elle-même.
Ancrage et Physiologie dans les Arts Martiaux
Le stage a également abordé la question de l'ancrage — comment le corps s'enracine dans le sol pour produire une coupe qui vient des jambes et non des bras. Cédric Russo a proposé des exercices de physiologie appliquée : conscience du centre de gravité, transfert de poids, connexion entre la main et le pied.
Cette approche, rare dans les stages d'iaido, a été particulièrement appréciée des participants. Elle rappelle que le sabre n'est qu'une extension du corps — si le corps n'est pas juste, la lame ne peut pas l'être non plus.
« Le sabre ne coupe pas. C'est le corps qui coupe. Le sabre ne fait que suivre. »
Kenjutsu — La Pratique du Sabre à Deux
La dernière partie de la matinée était consacrée au kenjutsu, le travail du sabre à deux partenaires. Après l'iaido, pratique individuelle et introspective, le kenjutsu a ramené le groupe à la confrontation — non pas la compétition, mais l'étude du maai (distance), du timing et de l'intention.
Les kata de kenjutsu de la Musō Shinden Ryū sont moins connus que ceux de l'iaido, mais ils en sont le complément indispensable. Là où l'iaido travaille le geste seul, le kenjutsu le confronte à la résistance, à l'imprévu, à l'autre.
Le Châble — Un Cadre pour la Pratique
Le stage s'est déroulé à la salle de gym de l'école des Villettes, Route de Montagnier 9, au Châble (Valais). Si le Dojo Tanren est basé à Martigny, les stages permettent d'ouvrir la pratique à d'autres lieux. Le Châble, au pied de Verbier, offre un cadre montagneux qui contraste avec l'intensité du travail en salle — un équilibre entre l'effort et le paysage.
Pourquoi un Stage avec un Instructeur Invité ?
Un stage n'est pas un cours ordinaire. C'est un format qui permet :
- Un regard neuf — Un enseignant différent apporte des emphases, des corrections, des perspectives que le cours hebdomadaire ne peut pas offrir.
- De l'intensité — Quatre heures de pratique continue créent un état de concentration que le cours d'une heure ne produit pas.
- De la profondeur — Le temps permet d'aborder des thèmes (shisei, ancrage, physiologie) qui demandent une exploration prolongée.
- De la communauté — Pratiquer avec des gens d'autres dojos enrichit sa propre compréhension et renforce les liens entre pratiquants.
Le bushidō enseigne que la voie martiale ne se pratique pas seul. Les stages sont des moments où la transmission s'élargit — on reçoit, on partage, on repart transformé.
Remerciements
Le Dojo Tanren remercie chaleureusement Cédric Russo pour avoir fait le déplacement depuis Lausanne et pour la qualité de son enseignement. Merci également aux participants venus de différents horizons pour leur engagement et leur sérieux.
Un remerciement particulier à la commune de Val de Bagnes pour la mise à disposition de la salle.
Prochains Stages au Dojo Tanren
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Le Dojo Tanren est à Martigny, Valais — les débutants sont les bienvenus pour un cours d'essai gratuit.
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