Kenjutsu · Iaido · Technique
21 juillet 2026 · Dojo Tanren
Dans les arts martiaux japonais, la posture n'est pas un simple détail technique. Elle est le reflet de l'état d'esprit du pratiquant. Au sabre japonais, on appelle kamae (構え) ces positions fondamentales qui préparent le corps et l'esprit au combat. Que vous pratiquiez l'iaido, le kenjutsu ou le Katori Shintô Ryu, la maîtrise des cinq kamae est la base de tout apprentissage.
Cet article vous présente les cinq postures classiques du sabre japonais, leur signification, leurs avantages et leurs faiblesses. Un guide essentiel pour tout débutant qui souhaite comprendre les fondements de la voie du sabre.
Qu'est-ce qu'un kamae ?
Le mot kamae signifie littéralement « construction » ou « structure ». Il ne s'agit pas seulement de la position des mains et du sabre, mais de l'ensemble de l'attitude : placement des pieds, équilibre du bassin, tension du ventre (hara), regard (metsuke) et intention (kokoro). Un kamae correct vous permet d'attaquer, de parer et de vous déplacer avec efficacité.
Dans les écoles traditionnelles comme le Katori Shintô Ryu ou le Muso Shinden Ryu, chaque kamae est associé à des techniques spécifiques et à une philosophie particulière. Le choix du kamae dépend de la distance (ma-ai), de l'arme adverse et de votre propre stratégie.
1. Chudan-no-kamae — La posture centrale
Chudan-no-kamae (中段の構え) est la posture de base, la plus naturelle et la plus polyvalente. Le sabre est tenu à hauteur du plexus, la pointe dirigée vers la gorge de l'adversaire. Les pieds sont écartés à largeur d'épaules, le pied gauche légèrement en arrière.
C'est la première posture enseignée aux débutants, car elle offre un équilibre parfait entre attaque et défense. En chudan, vous pouvez :
- Porter une attaque directe (tsuki) vers le torse ou la gorge
- Parer les attaques hautes et basses avec un minimum de déplacement
- Enchaîner rapidement vers d'autres postures
Au Dojo Tanren, nous travaillons chudan dès la première séance. C'est le socle sur lequel tout le reste se construit. Sans une base solide en chudan, les autres kamae perdent leur efficacité.
2. Jodan-no-kamae — La posture haute
Jodan-no-kamae (上段の構え) est la posture haute, où le sabre est levé au-dessus de la tête, la pointe dirigée vers l'arrière. C'est une posture agressive, qui invite à l'attaque. Elle est souvent associée à des écoles de kenjutsu qui privilégient la puissance et la détermination.
Jodan offre plusieurs avantages :
- Une frappe descendante (shomen-uchi) dévastatrice, difficile à parer
- Un angle d'attaque large qui couvre tout le haut du corps
- Une présence intimidante qui pèse psychologiquement sur l'adversaire
Cependant, jodan expose le torse et les bras. Elle demande une bonne condition physique et une maîtrise avancée des déplacements. Dans le kenjutsu, c'est une posture de combat réservée aux pratiquants confirmés.
3. Gedan-no-kamae — La posture basse
Gedan-no-kamae (下段の構え) est la posture basse, le sabre pointé vers le sol, à hauteur des genoux de l'adversaire. Contrairement à ce que son apparence défensive pourrait suggérer, gedan est une posture redoutablement efficace.
Gedan est particulièrement utile pour :
- Protéger les jambes et le bas du corps
- Préparer une attaque remontante (kiri-age) ou un tsuki bas
- Contrer les attaques hautes en les déviant vers le bas
En iaido, gedan apparaît dans plusieurs kata, notamment lorsque le pratiquant doit faire face à un adversaire armé d'un katana plus long. C'est une posture de patience et d'observation, qui attend l'ouverture pour frapper.
4. Hasso-no-kamae — La posture en huit
Hasso-no-kamae (八相の構え) est une posture latérale où le sabre est tenu verticalement à droite de la tête, la pointe vers le haut. Son nom vient de la forme en « huit » que dessine le sabre avec le corps.
Hasso est une posture polyvalente qui permet :
- Une transition rapide vers une attaque descendante ou latérale
- Une bonne protection du côté droit du corps
- Un déplacement fluide vers n'importe quelle direction
Dans le Katori Shintô Ryu, hasso est fréquemment utilisé dans les kata à deux sabres et dans les techniques contre la lance (yari). C'est une posture qui demande une bonne mobilité des poignets et une compréhension avancée des angles de coupe.
5. Waki-gamae — La posture cachée
Waki-gamae (脇構え) est la posture la plus surprenante : le sabre est tenu bas sur le côté droit, la lame dirigée vers l'arrière, cachée derrière le corps. L'adversaire ne voit pas la longueur de la lame ni l'angle d'attaque.
Waki-gamae est particulièrement efficace pour :
- Dissimuler ses intentions et surprendre l'adversaire
- Porter une attaque latérale rapide et inattendue
- Créer un déséquilibre psychologique chez l'adversaire
Cette posture est emblématique du Muso Shinden Ryu, où elle apparaît dans plusieurs kata de iaido. Elle illustre parfaitement le principe du suki — l'intervalle, l'ouverture — cher aux arts martiaux japonais.
Comment apprendre les kamae au Dojo Tanren
Au Dojo Tanren, à Martigny, nous enseignons les cinq kamae dès les premières séances. Chaque posture est travaillée individuellement, puis intégrée dans des enchaînements et des kata. L'accent est mis sur :
- La justesse du placement des pieds et du bassin
- La respiration abdominale (ibuki) qui stabilise la posture
- Le regard périphérique (metsuke) qui ne quitte jamais l'adversaire
- La transition fluide entre les postures
Les kamae ne sont pas des positions figées. Ce sont des portes ouvertes sur le mouvement. Un bon pratiquant passe de l'un à l'autre sans effort apparent, comme l'eau qui s'adapte à son contenant.
Si vous débutez et souhaitez découvrir ces postures fondamentales, nous vous invitons à venir essayer un cours d'essai gratuit. Vous serez guidé pas à pas dans l'apprentissage des bases du sabre japonais, dans un cadre traditionnel et bienveillant.
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