Stage · Vaulruz · 10-13 août 2026

Stage de Vaulruz : trois jours de bujutsu au château

Jodo, Muso Shinden Ryu, Katori Shinto Ryu, kenjutsu, bojutsu et iaido dans une immersion autour du mitori geiko.

Stage de Vaulruz 2026 au château, arts martiaux japonais
Stage de Vaulruz 2026 — jodo, kenjutsu, iaido et Katori Shinto Ryu au château.

Du 10 au 13 août 2026, le château de Vaulruz a accueilli une immersion intense dans les arts martiaux japonais, organisée par le Dojo Tanren et dirigée par Giulio Casarini. Pendant trois jours et demi, pratiquants venus de plusieurs dojos ont partagé matin, midi et soir des entraînements de jodo, Muso Shinden Ryu, Katori Shinto Ryu, kenjutsu, bojutsu et iaido. Le fil directeur : le mitori geiko, apprendre en observant et en reproduisant sans parler, sans trop s'expliquer.

Un cadre hors du temps

Entrer dans le château de Vaulruz, c'est quitter le quotidien. Les salles de pierre, la cour, les bois environnants forment un décor qui rappelle que le budo ne se limite pas à une salle moderne. Pendant ces trois journées, le temps du stage a rythmé nos repas, nos entraînements et nos moments de silence. Cette immersion totale est rare. Elle oblige chacun à rentrer dans le rythme du groupe et à laisser de côté le bruit extérieur.

Le matin commençait tôt. Les corps étaient encore dans le sommeil, les bokken et les jo prenaient peu à peu leur place dans les mains. Le soir, après le dernier kata, la fatigue était réelle, mais elle portait une forme de clarté. C'est l'une des vertus du stage intensif : la fatigue physique rend le mental plus transparent, plus disponible.

Le programme : six disciplines, un seul esprit

Chaque journée proposait plusieurs sessions, sans jamais mélanger les approches. Le jodo, avec son bâton court, travaillait la distance et le temps juste. Le Muso Shinden Ryu, école d'iaido classique, ramenait la précision du sabre nu dans les formes codifiées. Le Katori Shinto Ryu offrait sa puissance intacte, avec ses katas de kenjutsu et de bojutsu où chaque mouvement porte plusieurs intentions.

Le kenjutsu, sous différentes formes, permettait de sentir la lame en action. Le bojutsu et le jojutsu développaient la conscience de la longueur d'arme, de l'espace autour du corps et de la géométrie du combat. L'iaido, enfin, ramenait chacun à la qualité du geste isolé, à la posture debout, au dégainage, à la coupe et au retrait.

Cette variété n'éparpille pas. Au contraire, elle montre les différents visages d'une même recherche : comment le corps, l'arme et l'intention ne font qu'un au moment du combat.

Mitori geiko : apprendre sans paroles

Le thème du stage était le mitori geiko, littéralement l'entraînement par l'observation. Dans cette pédagogie traditionnelle, l'élève regarde, reproduit, rectifie. Le professeur corrige peu, montre beaucoup. Pas de longues explications théoriques. Le corps apprend par la répétition et par la présence.

Au début, le silence peut déranger. Nous sommes habitués à demander, à verbaliser, à comprendre avant de faire. Le mitori geiko inverse la démarche : on fait d'abord, on comprend progressivement. Ce silence oblige à une attention totale. On ne regarde pas seulement le mouvement, on regarde le rythme, la respiration, la posture, le regard. On copie non pas la surface, mais la structure interne.

Au fil des jours, cette méthode révèle ses fruits. Les gestes deviennent plus nets, les corrections plus fines. L'élève apprend à se corriger lui-même, à sentir ce qui coince et à retrouver la ligne juste par l'effort répété. C'est une forme d'apprentissage lent, mais profond.

Des initiations au-delà du sabre

Le stage n'a pas été limité aux disciplines principales. Ismael a proposé une initiation au shiatsu, cette pratique japonaise de pression sur les points du corps. Là encore, le toucher précis, le rapport à l'autre, la conscience du corps rejoignent les préoccupations du budo. Apprendre à sentir le corps de son partenaire, c'est aussi apprendre à sentir la distance et le timing.

Mathéo a introduit la danse popping, anciennement appelée smurf. Surprenant à première vue, ce choix résonne avec le budo. La danse popping travaille l'isolation, le contrôle musculaire, le rythme et la présence scénique. Ces qualités nourrissent directement la pratique martiale. Un corps qui sait contrôler chaque segment indépendamment est un corps plus précis au sabre ou au bâton.

Enfin, le lancer de bo-shuriken a fermé le cercle. Arme de jet japonaise, le shuriken exige une posture stable, un geste minimal et une concentration immobile. C'est un excellent révélateur : si le mental divague, le lancer manque.

Retour à Martigny

Sortir du château de Vaulruz, c'est repartir avec quelque chose de concret dans le corps. Pas seulement des katas appris, mais une sensation de rythme partagé, une oreille plus fine aux corrections, et la certitude que le budo se transmet autant par le silence que par la parole.

Ces stages intensifs sont des repères. Ils montrent où l'on en est, ce qu'il reste à travailler, et pourquoi la pratique régulière au dojo reste indispensable. L'excès de trois jours ne remplace pas l'année, mais il l'éclaire.

Au Dojo Tanren, nous reprenons l'entraînement avec ces images en tête. Les portes restent ouvertes aux débutants comme aux pratiquants confirmés qui souhaitent découvrir le jodo, l'iaido, le kenjutsu ou le Katori Shinto Ryu dans une ambiance exigeante et bienveillante.

Tags : Vaulruz stage jodo Muso Shinden Ryu Katori Shinto Ryu kenjutsu iaido

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